Communiqués de presse

 
10 février 2019

Les Genevois-e-s refusent de justesse une mesure de solidarité

L’initiative populaire Pour le remboursement des soins dentaires n’a pas passé la rampe, avec environ 55% des votantes et des votants qui se sont exprimés en sa défaveur. Le comité de soutien à l’initiative n’est pas parvenu à convaincre une majorité de votant-e-s et a manqué de moyens, notamment financiers, pour contrer les arguments fallacieux assénés par les opposants. Ses membres et soutiens continueront à s’engager résolument en faveur d’une meilleure prise en charge et d’un accès plus équitable aux soins, notamment dentaires.

Le Comité de soutien à l’initiative prend acte des résultats de la votation d’aujourd’hui sur l’initiative populaire Pour le remboursement des soins dentaires. Il regrette évidemment que l’initiative n’ait pas convaincu une majorité de la population votante. La droite et les milieux économiques sont parvenus, au prix d’un budget de campagne à six chiffres, à faire basculer la majorité des votants du côté du non, à travers une campagne mensongère, qu’une prise en charge solidaire des soins dentaires coûterait très cher et ne rembourserait que très peu d’interventions. De leur côté, les dentistes ont recouru à une propagande massive et indigne.

Les membres et soutiens du comité continuent de penser que les propositions formulées auraient permis d’améliorer l’égalité d’accès aux soins dentaires, d’en faire baisser les charges pour la majorité de la population, d’améliorer l’état de santé bucco-dentaire de la population et, à terme, de faire baisser les coûts de la santé. Nous encourageons vivement les populations des cantons de Neuchâtel, Valais et Tessin à saisir les opportunités qui se présentent à elles, à l’occasion des prochaines votations sur des initiatives similaires.

Dans le futur, il s’agira également de travailler à ce que soit prochainement porté ce débat au plan fédéral, tant du point de vue de l’intégration des soins dentaires aux prestations prises en charge qu’en matière de modalité de financement de la LAMal. Dans ce cadre, l’initiative a ouvert un débat public sur le mode de financement des frais de santé pris en charge. En proposant un contre-modèle à la LAMal, inspiré de l’AVS, le Comité a mis sur pieds une forme de financement plus solidaire et plus équitable que les primes par têtes de l’assurance maladie obligatoire. Il s’agira de faire vivre ce débat dans les mois et années à venir.

Le Comité d’initiative remercie chaleureusement les 45% de Genevois-e-s qui ont soutenu l’initiative. Cette votation aura pour le moins permis de mettre sur la table des discussions publiques la problématique de l’accès aux soins dentaires, de ses coûts et de l’opacité dans laquelle la médecine bucco-dentaire est exercée à ce jour en Suisse. Les membres et soutiens du Comité continueront de s’engager en faveur d’une meilleure prise en charge des soins dentaires et, plus généralement, d’une meilleure égalité d’accès aux soins.


 
29 janvier 2019

La FéGAPH* soutient l’initiative pour le remboursement des soins dentaires!

La FéGAPH, fédération des associations des personnes en situation de handicap, regroupant 21 associations genevoises d’entraide et de défense de personnes en situation de handicap et leurs proches (dont Insieme Genève, Cérébral, le Relais, Autisme Genève, CFRGe, Fédération Suisse des Sourds, etc.) a décidé à l’unanimité d’appeler à voter et faire voter OUI à l’initiative pour les soins dentaires soumise au vote le 10 février prochain.

L’initiative pour les soins dentaires concerne directement les personnes en situation de handicap. En effet, si l’introduction d’une telle assurance soulagerait fortement le porte-monnaie d’une grande partie de la population, elle serait aussi bénéfique pour les personnes en situation de handicap, quel que soit leur âge ou leur type d’incapacité.

Rappelons que plus de 90% des personnes en situation de handicap vivent à domicile et non en institutions. Ces personnes rencontrent des difficultés en termes de qualité de soins, d’accès aux soins, d’autonomie et par conséquent elles ont davantage de problèmes dentaires. Se rendre régulièrement chez le dentiste grâce à un remboursement facilité diminuerait le risque de caries engendrés par les nombreux reports de traitements et les crises d’angoisses afférentes. La formation des médecins-dentistes à l’accueil de toutes les personnes et un accès étendu pour les fauteuils roulants est également un élément nécessaire.

 


 
28 janvier 2019

100 professionnel·le·s de la santé et du social appellent à voter OUI

L’appel lancé par le comité de soutien à l’initiative pour le remboursement des soins dentaires a rencontré un vif succès. Ainsi, 46 professionnel·le·s de la santé (médecins, infirmiers·ères, psychologues, thérapeutes, etc.), 52 professionnel·le·s du social et de l’éducation (enseignant·e·s, travailleurs·euses social·e·s, éducateurs·trices, etc.), et plus de 95 personnes actives dans d’autres domaines, ont signé l’appel à voter OUI.

Le profesionnel·le·s de la santé et du social sont en toute première ligne pour constater les dégâts engendrés par les carences en soins dentaires dans la population. Ils sont témoins au quotidien du fait que leurs patients, que les usagers·ères des services sociaux ou les élèves souffrent d’un manque d’accès à la santé bucco-dentaire. Ainsi, à Genève, un·e habitant·e sur cinq renonce à ces soins pour cause de cherté excessive et de l’absence de remboursement par l’assurance obligatoire. La santé bucco-dentaire se dégrade parfois à un point tel que qu’une intervention est indispensable, et nombreux sont ceux·celles contraints de s’endetter afin d’y avoir accès, parfois même en se rendant à l’étranger.

Cette situation, qui pèse lourdement sur les personnes aux revenus modestes ainsi que sur une part toujours plus importante de la classe moyenne, ne peut plus durer ! L’instauration d’une assurance pour les soins dentaires, dont le financement sera assuré par une retenue sociale de 0,5% sur les salaires, permettra à toute la population d’accéder aux traitements de dentiste et d’hygiéniste, sans franchise ni quote-part. La couverture de cette assurance exclurait les soins purement esthétiques.

Cette large approbation des professionnel·le·s de terrain est une confirmation que l’initiative vise juste et répond à un besoin urgent de la population.

 

Retrouvez ici l’appel et la liste des signataires:
https://www.oui-soins-dentaires.ch/appel-des-medecins


 
17 janvier 2019

Remboursement des soins dentaires: De l’air pour la classe moyenne et les bas revenus, enfin!

Le Comité de soutien à l’initiative pour le remboursement des soins dentaires, composé des partis de l’Alternative (EàG, PS, les Verts), des syndicats, et de nombreuses associations, a lancé sa campagne aujourd’hui ! Après le dévoilement d’une majestueuse dent, mascotte de la campagne, les nombreux arguments en faveur d’une assurance publique et solidaire pour le remboursement des soins dentaires ont été exposés. Ce comité, qui se veut le plus large possible, a également lancé un appel des professionnels de la santé et du social appelant à voter OUI le 10 février.

En effet, cette assurance qui couvrirait les soins prodigués par les dentistes et les hygiénistes, tels que notamment le soin des abcès et des caries, les couronnes, les détartrages et l’orthodontie, répondrait à un véritable problème de santé publique tout en soulageant le porte-monnaie de la classe moyenne et des personnes dont les revenus sont plus modestes. Des personnes âgées aux personnes en situation de handicap et de la classe moyenne aux plus précaires, une très grande majorité de la population en bénéficiera. « Alors que l’initiative, lancée par le Parti du Travail (PdT), a recueilli quelques 18’000 signatures, c’est confiant que le Comité de soutien lance sa campagne », indique Quentin Stauffer du PdT.

Le système actuel ne convient pas
Aujourd’hui, selon les statistiques, environ 20% de la population renoncerait à des soins dentaires à cause des coûts trop élevés et ce chiffre monte jusqu’à un tiers dans les milieux les plus défavorisés. Avec ses coûts exorbitants, notre système de santé bucco-dentaire n’est de loin pas accessible à toutes et tous. « Cela contrevient aux exigences de notre Constitution: garantir un droit à des soins médicaux essentiels et un accès équitable à des prestations de qualité pour toutes et tous », rappelle Davide De Filippo, co-secrétaire général du SIT.

Aujourd’hui, de nombreuses familles, notamment de la classe moyenne, sont contraintes de fractionner leurs factures de dentiste. En effet, lorsqu’il y a plusieurs enfants, il est difficile financièrement d’assurer en complémentaire dentaire ou encore de payer les différents frais accumulés d’un coup. Une étude récente stipulait qu’une famille suisse sur cinq de la classe moyenne n’était pas apte à faire face à un aléa de 2500 francs sans emprunter ou faire appel à la solidarité familiale ou associative.

Au-delà de la responsabilité individuelle
La bouche fait partie inté­grante de notre corps et les problèmes bucco-­dentaires ont un impact sur notre santé générale. Ils augmentent le risque de maladies cardio­vasculaires, de désé­quilibre d’un diabète ou d’accouche­ments prématurés. « Un mauvais traitement de problèmes dentaires peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé », clame Isabelle Descombes, de l’Association des familles monoparentales. « Et l’inverse est aussi vrai. De nombreuses maladies chroniques prédisposent à des problèmes dentaires. Bien se brosser les dents ne suffit donc pas dans de nombreux cas. » En effet, une bonne hygiène bucco-dentaire n’offre pas la garantie d’avoir une dentition saine. De nombreux facteurs, génétiques ou liés à l’âge et à la santé globale, ont une influence directe sur notre dentition. Le diabète, certains traitements pour l’hyper­tension et la dépression, ou encore les chimio­thérapies, augmentent le risque de problèmes bucco-dentaires.

L’assurance publique et solidaire pour les soins dentaires s’impose
Contrairement à ce que prétendent les opposants, il n’y aura ni taxe, ni prime, ni impôt supplémentaire, pour la simple raison que l’initiative ne propose en aucun cas de requérir à ces types de financement. L’assurance pour le remboursement des soins dentaires reprendra le modèle sûr et solidaire de l’AVS, à savoir celui des cotisations sociales paritaires. Guilhem Kokot, du Parti socialiste, explique le mécanisme de financement : « Il s’agira d’une retenue sociale sur les salaires, tout comme dans le cas de l’assurance-maternité. Elle est donc solidaire : chacun contribuera selon ses moyens et accèdera aux soins selon ses besoins. Une cotisation de 0,5% sur le salaire – 0,25% employé / 0,25% employeur -, ainsi qu’une participation de l’Etat, permettront de garantir l’accès aux soins. » A titre d’exemple, avec une retenue de 12,5 francs par mois sur son salaire, un-e salarié-e touchant un salaire mensuel de 5000 francs profiterait d’une couverture des soins dentaires incluant ses enfants et ses parents à la retraite. C’est le modèle inverse de l’assurance-maladie (LAMal) qui impose des tarifs fixes et, de surcroît, avec des franchises.

Faire baisser les coûts de la santé, avec une meilleure prévention
Cette initiative peut servir de modèle politique afin de sortir de la spirale infernale des tarifs dissuasifs qui empêche les personnes de consulter à temps. Effectivement, cette initiative repose sur trois principes de base : un programme de santé publique, une assurance universelle couvrant les traitements et un programme de prévention. La prévention est fondamentale en matière de santé publique, c’est même un investissement sur le long terme. « Un dépistage démontre un besoin mais n’en garantit pas la prise en charge. Cette initiative est donc une incitation supplémentaire » selon Marjorie de Chastonay, députée Verte. A moyen long terme, l’accès à des soins dentaires de qualité permettra de faire baisser les coûts de la santé en général.

Assurer le remboursement des soins dentaires allègera les charges de l’Etat qui subventionne de nombreux traitements dentaires pour les personnes qui dépendent de l’Hospice générale. Il en va de même concernant les prestations complémentaires. En effet, si les soins dentaires sont effectués à temps et remboursés, l’Etat n’aura plus à les ajouter à sa charge et toute la population y gagnera.

A la conquête d’une assurance sociale pour le bien de toutes et tous, Genève peut être précurseur d’une nouvelle assurance sociale à étendre au niveau fédéral, tout comme l’assurance-maternité l’a été. « La santé est un droit et le rôle de l’Etat est de garantir un accès aux soins pour toutes et tous. La grande majorité de la population y gagnera! Une bouffée d’oxygène pour les revenus précaires et la classe moyenne, enfin! », conclut Jocelyne Haller, députée Ensemble à Gauche.